Offre de stage

📆 Date Mars/avril à août/septembre 2020 (6 mois)
📍Lieu INRAE – UMR 1273 Territoires (Saint-Genes-Champanelle)
📥 Stage Climatick Combrailles

Construction et animation d’un living lab avec la population
des Combrailles (Puy-de-Dôme) pour produire des savoirs
concernant la gestion des tiques et maladies à tiques

 

Stage de fin d’études (6 mois)

Problématique et contexte du stage

Le changement climatique modifie la phénologie et la distribution des tiques et donc les maladies transmises par les tiques. Le projet de recherche CLIMATICK: Projection and adaptation of tick threat in agricultural and forest landscape under climate change (2018-2021) met l’accent sur le risque actuel représenté par les tiques indigènes (Ixodes ricinus) et ses pathogènes parmi les plus menaçantes pour la santé humaine et animale (maladie de Lyme) et sur les nouveaux risques représentés par les tiques exotiques potentiellement invasives des régions plus chaudes, comme Hyalomma marginatum, vecteur de CCHF (Fièvre Hémorragique de Crimée-Congo), établi dans le sud de la France. Les objectifs du projet CLIMATICK sont de : (i) projeter les schémas spatiaux et temporels de l’activité future des tiques indigènes et exotiques selon différents scénarios, (ii) proposer des adaptations de la stratégie de communication, surveillance et gestion environnementale pour améliorer la prévention. Le présent projet traite de ce second objectif dans le cadre du WP4.

Le projet comprend 5 taches (work packages) :

  • Tâche WP0 : Pilotage du projet.
  • Tâche WP1 : Etudes biologiques sur la présence de tiques et de pathogènes.
  • Tâche WP2 : Expérimentations en laboratoire.
  •  Tâche WP3 : Modélisation du risque.
  • Tâche WP4 : Stratégie d’adaptation avec les citoyens.

Le but du WP4, sous la responsabilité de Sylvain Dernat, est de produire des recommandations pertinentes co-construites pour l’adaptation au risque présenté par les tiques, présentes et futures, afin d’atténuer les conséquences sanitaires (humaines et animales) et économiques. Les publics cibles sont le grand public mais aussi les professionnels (forestiers, agriculteurs, éleveurs…) et les acteurs publics (élus, directeurs d’agences régionales, etc.). Ces trois types d’acteurs représentent différents niveaux d’information et d’utilisation des données (prévention des comportements à risque, habitudes de loisirs, évolution des pratiques professionnelles, développement des politiques publiques, etc.). La stratégie consiste à co-construire cette traduction des résultats de la modélisation scientifique et l’identification des adaptations acceptables avec le public concerné afin qu’il soit probablement conforme à la représentation générale et aux préoccupations. L’objectif de travailler avec ces différents publics est de mieux adapter les connaissances scientifiques issues des autres WP du projet à des recommandations concrètes, discutées et acceptées par tous, plutôt que d’adopter des politiques sanitaires globales (Charrier & Casablanca, 2015), et de préparer les comportements individuels et collectifs et les politiques publiques à l’évolution du risque de tiques (Cavalier & Kennedy 2016, Eitzel et al., 2017).

Pour cela, le WP4 mobilise des approches innovantes issues des sciences participatives avec des living-labs pour travailler avec le grand public (Malmberg & Vaittinen 2017). Le living lab est une méthodologie où citoyens, habitants, professionnels ou encore usagers sont considérés comme des acteurs clés des processus de recherche et d’innovation. Cette approche est censée stimuler les collaborations entre des profils hétérogènes de personnes dans le but d’influer sur les évolutions de notre société et d’en appréhender les enjeux sociaux, technologiques et économiques. Il existe aujourd’hui une multitude de méthodes et d’approches qui ont été analysés dans la littérature scientifique autour des living labs (Eriksson, Niitamo & Kulkki, 2005 ; Bergvall-Kareborn & Stahlbrost, 2009 ; Dell’Era & Landoni, 2014 ; Doyon et al., 2015 ; Schuurman, De Marez & Ballon, 2016). Ici, on s’attachera donc à favoriser l’approche la plus adaptée aux besoins et enjeux du projet CLIMATICK, en favorisant la participation d’une variété d’acteurs et l’innovation ouverte. Néanmoins, le living lab mobilisera les outils de cartographie collaborative (Dernat, Johany & Lardon, 2016 ; Dernat & Johany, 2019) et/ou des ateliers de débat (Cosson et al., 2017) qui ont déjà montré leur utilité sur la thématique. Notamment, l’outil de wiki cartographique participatif dédié au risque tiques développé par Bimonte et al., (2019) sera pris en compte. Cet outil favorisera l’interface science-société en mettant en dialogue résultats de la recherche et représentations et attentes du public (questionnements sur les modèles épidémiologiques, sur la sémiologie mobilisée, sur l’ergonomie des applications à destination du public, sur la pertinence des données et de leurs échelles…). Il permettra également une interaction synchrone et asynchrone entre les animateurs du projet et le public pour assurer la continuité d’un living lab entre les moments de rassemblement des participants.

Le WP4 se déploie au sein de quatre terrains : les Combrailles (Puy-de-Dôme), la vallée du Tavignano (Corse), le grand Nancy (Meurthe et Moselle) et la Xaintrie (Corrèze).

Au sein des Combrailles, terrain du présent stage, un premier travail sera mené par un projet ingénieur de VetAgro Sup (3/4 mois) qui consistera à étudier les conditions de déploiement du living lab avec les acteurs concernés et à effectuer le design de celui-ci pour sa mise en place. Les étudiants iront alors jusqu’à la conception et l’animation d’une première séance avec les citoyens. A la suite de ces premiers travaux, la personne recrutée sera chargée d’animer le living lab avec la population. Elle développera pour cela des modalités participatives et collaboratives propices au projet et fera preuve de créativité. Elle assurera également la liaison avec élus et acteurs locaux ainsi qu’avec les chercheurs, fera le suivi logistique des différentes actions tout en assurant la promotion et la communication. Enfin, Elle conduira l’évaluation des connaissances produites par celui-ci, à la fois en termes scientifiques avec les chercheurs, mais aussi en termes d’action pour les citoyens.

Programme proposé et déroulement du stage

  • Etat de l’art bibliographique sur la définition, la mise en place, l’animation et l’évaluation des living labs.
  • Design du living labs avec la population.
  • Animation de réunions collaboratives/participatives innovantes.
  • Lien avec les acteurs locaux (élus, médecins, enseignants…) et les chercheurs.
  • Suivi administratif, financier et logistique.
  • Communication des actions du living lab.
  • Valorisation des résultats produits localement (presse local, ARS…)
  • Evaluation du living-lab.

Conditions de réalisation

  • Le stage se déroule au sein de l’unité mixte de recherche Territoires, dans les locaux de l’INRAE à Saint-Genès-Champanelle (63). Le site dispose d’un service de transport gratuit matin et soir depuis Clermont-Ferrand et sa proche agglomération et d’une restauration collective. Mise à disposition d’un ordinateur et du matériel nécessaire.
  • La personne recrutée sera placée sous l’encadrement de Sylvain Dernat / François Johany (INRAE)
    Rémunération selon la réglementation en vigueur appliquée à l’INRAE.
    Début souhaité : février-mars 2020

Profil du candidat

  • Ingénieur.e agronome, ou géographe, psychologue (santé/environnement) ou sociologue (niveau M2) ayant un intérêt pour les approches participatives/collaboratives. Autres formations (niveau M2) en lien avec l’environnement acceptées, si forte motivation et intérêt pour les approches en sciences sociales
  • Attrait pour l’animation de projet et de collectif
  • Capacité de créativité
  • Capacité à travailler en autonomie et en équipe.
  • Capacité de rédaction
  • Permis B

Conditions matérielles du stage

  • Prise en charge déplacements pour mission de terrain
  • Indemnités de stage

Projet ou bailleur finançant les coûts du stage

Structure d’accueil

  • INRAE – UMR 1273 Territoires (Saint-Genes-Champanelle) .Au premier janvier 2020, l’INRA et Irstea fusionnent pour former l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).

Maître(s) de stage

Signataire de la Convention de stage

  • Emmanuel Hugo (futur président du centre INRAE Clermont-ARA)