Appel à communication – La gouvernance alimentaire en action : Qui sont les acteurs ? Comment contribuent-ils au développement territorial ?

📆 Date Date limite d’envoi des résumés : 3 février 2020
📍Lieu Sherbrooke, Canada
📥 appel à com_ACFAS_Gouvernance alimentaire en action

📆 3 février 2020 (date limite d’envoi des résumés)

 


Session spéciale 426 dans le cadre du 88e congrès de l’ACFAS, Sherbrooke, Canada, les 7 et 8 mai 2020

 

Gouvernance alimentaire

Le développement territorial repose sur la construction de capacités de développement, stimulée et maîtrisée par les acteurs territoriaux (Angeon et al., 2007 ; Deffontaines et al., 2001 ; Lamara, 2009). Il s’incarne dans la maîtrise collective de processus complexes, qui appellent des outils et des dispositifs de gouvernance territoriale (Lardon et al., 2008). Le territoire constitue une échelle d’action en complément de stratégies et d’actions menées à une échelle globale (Caron et al., 2017).

Parmi la diversité des problématiques, celle de la transition alimentaire tient une place particulière. La reconnexion de l’agriculture et de l’alimentation aux territoires pourrait en effet répondre aux différents enjeux du développement durable (Lamine et Chiffoleau, 2012). Ce processus offrirait une alternative au modèle agro-alimentaire dominant, concentré et globalisé (Deverre and Lamine, 2010 ; Duram and Oberholtzer, 2010), souvent associé à des interrogations relatives à la sécurité alimentaire, au déséquilibre des rapports de forces entre acteurs des filières et à des pratiques peu respectueuses de l’environnement (Baritaux et Houdart, 2015 ; Baritaux, Houdart et al., 2016 ; Bowen and Zapata, 2009 ; Marsden et al., 2000 ; Renting et al., 2003 ; Winter, 2003).

Plusieurs travaux indiquent que la transition alimentaire passe souvent par le rapprochement d’acteurs portant des modèles différents, et que dans la diversité des initiatives relevant de l’ancrage territorial de l’alimentation, les acteurs sont souvent amenés à mobiliser des ressources et des pratiques associées aussi bien au modèle conventionnel qu’au modèle alternatif (Bloom et Hinrich, 2011). Au-delà des compétences professionnelles d’acteurs publics ou privés, ce rapprochement et cette hybridation des mondes (Gwiazdzinski, 2016) s’appuient beaucoup sur la contribution spécifique d’acteurs clefs, selon leurs compétences professionnelles mais aussi selon leurs motivations, valeurs et stratégies individuelles : mobilisation et/ou activation de ressources, coordination d’acteurs, intégration et/ou assimilation de différents modèles, essaimage de valeurs et de pratiques. Qui sont ces acteurs clefs ? Quelles sont leurs contributions spécifiques ? A quelles échelles interviennent-ils ? Comment transférer, diffuser ces contributions individuelles pour l’action collective ?

Nouveaux modèles de développement

Dans ce contexte de reterritorialisation de l’agriculture et de l’alimentation, plusieurs travaux soulignent en particulier la reconfiguration du système des acteurs autour des enjeux alimentaires jusque-là régulés par l’Etat et le marché. La diversification des acteurs du marché, l’émergence des acteurs de la société civile autour de la consommation engagée (Dubuisson-Quellier, 2009) et le renouvellement des politiques alimentaires locales en matière d’alimentation (Lamine et al. 2012) induisent des modes de gouvernance inédits. Ceux-ci relèvent souvent de processus d’innovation sociale, dont les effets sur le développement territorial sont aujourd’hui reconnus (Hillier et al., 2004). Alimentation et production territorialisées constituent alors un levier de développement territorial (Lardon, 2015 ; Loudiyi et Houdart, 2019).

On constate la volonté toujours plus affichée de prendre en compte l’agriculture et l’alimentation dans les politiques publiques locales (Bricas et al., 2013 ; Ruault et Vitry, 2017). Cette ambition est rendue compliquée par le décalage entre la réalité vécue au quotidien par les producteurs, les attentes du marché, les perceptions des élus des collectivités territoriales et les initiatives citoyennes. Les objectifs et stratégies d’acteurs plus diversifiés (Rieutort, 2010) pose donc des questions en regard des motivations, attentes, caractérisations, relations, modalités d’action et échelle d’action de ces acteurs.

Les projets de territoire se construisent en valorisant leurs ressources spécifiques, que ce soit les produits eux-mêmes et les savoir-faire qui leur sont associés (Gumuchian et Pecqueur, 2007). Mais de nouvelles ressources émergent, dans la capacité des acteurs à se coordonner et à élaborer des actions collectives (Amblard et al., 2018), dans une perspective de développement durable des territoires. On assiste actuellement à la modification des processus d’organisation des acteurs et des institutions, plus largement des modalités de gouvernance dans les territoires, qui influent sur l’élaboration des politiques publiques et leur évaluation et par là-même sur l’émergence de nouveaux modèles de développement des territoires ruraux et périurbains.

La gouvernance alimentaire en action

Le colloque vise à consolider une communauté scientifique internationale sur les initiatives alimentaires et les dynamiques de développement territorial, à partir d’études de cas. Il ambitionne de formaliser le rôle des acteurs clés et à en tirer des leçons pour l’accompagnement des acteurs.

Trois thématiques principales sont attendues :

  • Gouvernance alimentaire et territoire : Quelles configurations territoriales rendent possibles l’ancrage de l’alimentation au territoire et l’émergence d’initiatives locales innovantes ? Quelles sont les jeux d’échelles ?
  • Participation des acteurs :
Comment qualifier la participation des multiples acteurs aux processus? Comment sont modifiés les rapports de force ? Quelle est la part des chercheurs dans ces processus participatifs ?
  • Gouvernance et modèles d’action :
Comment cohabitent les différents modèles de gouvernance alimentaire sur les territoires ? Comment le rapport urbain/rural se trouve-t-il modifié par les nouvelles dynamiques ?

Format

  • Un résumé de 800 mots avec 5 mots-clés et 15 références bibliographiques maxi est demandé pour la sélection des contributions (Cf modèle ci-joint).
  • Un texte de 12 pages maxi sera demandé aux contributeurs avant le colloque.
  • Les contributions seront soumises après le colloque à un numéro spécial de revue et devront respecter le format demandé par la revue.
  • Les résumés des communications qui apparaîtront au programme final de l’ACFAS devront compter au maximum 1 500 caractères espaces comprises (environ 200 mots) et avoir un titre d’un maximum de 180 caractères.
  • Nous demandons donc également un résumé court.

Personnes contacts

Calendrier

  • Lancement de l’appel : 5 novembre 2019
  • 
Date limite d’envoi des résumés : 3 février 2020
  • Retour aux auteurs : 2 mars 2020
  • Date limite d’envoi de la contribution : 3 avril 2020
  • Dates de la session spéciale (#426) : 7 et 8 mai 2020

Références bibliographiques

  • Amblard L., Berthomé G.E.K, Houdart M., Lardon S., 2018. L’action collective dans les territoires. Questions structurantes et fronts de recherche. Géographie, Economie, Société, 20/ 2: 71-90.
  • Angeon V., Moquay P., Lardon S., Loudiyi S., Poss Y., Pivot J-M., Caron A., 2017. Le développement territorial : principes et méthodes. In Lardon S., Moquay P., Poss Y. « Développement territorial et diagnostic prospectif. Réflexions autour du viaduc de Millau ». Editions de l’Aube, pp. 27-59.
  • Baritaux V., Houdart M, 2015. Relations fournisseurs-grande distribution dans les filières agro- alimentaires. Une analyse de la trajectoire d’une démarche de type « filière qualité ». Économie Rurale, n°346, pp. 15-30
  • Baritaux V, Houdart M, Boutonnet JP, Chazoule C, Corniaux C, Fleury P, et al. 2016. Ecological embeddedness in animal food systems (re-)localisation: a comparative analysis of initiatives in France, Morocco and Senegal. Journal of Rural Studies 43: 13–26.
  • Bloom, J. D. and Hinrichs, C. C., 2011. Informal and formal mechanisms of coordination in hybrid food value chains. Journal of Agriculture, Food systems, and Community Development 1(4): 143-156
  • Bowen, S., Zapata, A.V., 2009. Geographical indications, terroir, and socioeconomic and ecological sustainability: the case of tequila. J. Rural Stud. 25 (1), 108e119.
  • Bricas N., Lamine C., Casabianca F., 2013. Agricultures Et Alimentations : Des Relations À Repenser ? Natures Sciences Sociétés, 21/1: 66–70.
  • Caron P., Valette É., Wassenaar T., Coppens D’eeckenbrugge G., Papazian V., 2017. Des territoires vivants pour transformer le monde. Editions Quae, 279p.
  • Deffontaines J.P., Marcelpoil E., Moquay P., 2001. Le développement territorial : une diversité d’interprétations, in Lardon S, Maurel P, Piveteau V, (sous la dir. de) Représentations spatiales et développement territorial, Paris, Hermès Sciences Publications, p. 39-56.
  • Deverre C., Lamine C., 2010. Les systèmes agroalimentaires alternatifs: une revue de travaux anglophones en sciences sociales. Econ. Rural. 317, 57-73
  • Dubuisson-Quellier, 2009. La consommation engagée, Presses de Sciences Po, coll. « Contester », 143 p.
  • Duram L., Oberholtzer L., 2010. A geographic approach to place and natural resource use in local food systems. Renew. Agric. Food Syst.
  • Gumuchian H., Pecqueur, B., 2007. La ressource territoriale. Paris, Economica, Anthropos, 252 p. Gwiazdzinski L. (Ed.), 2016. L’hybridation des mondes. Territoires et organisations à l’épreuve de l’hybridation. Grenoble: Elya Editions. Collection « L’innovation autrement ». 344 p.
  • Hillier J., Moulaert F. et Nussbaumer J., 2004, Trois essais sur le rôle de l’innovation sociale dans le développement territorial. Géographie, économie, société, 6: 129-152.
  • Lamara H., 2009. Les deux piliers de la construction territoriale : coordination des acteurs et ressources territoriales Développement durable et territoires [En ligne].
  • Lamine, C. and Chiffoleau, Y., 2012. Reconnecter agriculture et alimentation dans les territoires : dynamiques et défis. Pour 3 (215-216): 85-92 https://www.cairn.info/revue-pour-2012-3-page- 85.htm
  • Lamine C., Renting H., Rossi A., Wiskerke J. S. C. H., Brunori G., 2012. Agri-Food systems and territorial development: Innovations, new dynamics and changing governance mechanisms. Farming Systems Research into the 21st Century: The New Dynamic: 229-256.
  • Lardon S., 2015. L’agriculture comme potentiel de développement des territoires péri-urbains. Analyse par les configurations socio-spatiales. Articulo – Journal of Urban Research [Online], Special issue 6, URL : http://articulo.revues.org/2673 ; DOI : 10.4000/articulo.2673.
  • Lardon S., Chia E., Rey-Valette H., (dir.), 2008. Outils et dispositifs de la gouvernance territoriale. Editorial. Numéro spécial Norois, n°209, 4, 81p.
  • Loudiyi S. et Houdart M., 2019. L’alimentation comme levier de développement territorial ? Réflexions tirées de l’analyse processuelle de deux démarches territoriales. Economie rurale, 1/367: 29-44.
  • Marsden T., Banks J., Bristow G., 2000. Food supply chains approaches: exploring their role in rural development. Sociologia Ruralis, 40 (4), 424-438.
  • Renting H., Marsden T. K., Banks J., 2003. Understanding alternative food networks: exploring the role of short food supply chains in rural development. Environment and Planning A 35: 393-411
  • Rieutort L., 2010. « Dynamiques Rurales françaises et re-territorialisation de l’agriculture, Frensch rural dynamics and agriculture re-territoralisation », L’information géographique, Vol. 73, no 1, p. 30- 48.
  • Ruault C., Vitry C., 2017, « Articuler dynamiques agricoles et action publique locale en péri-urbain : quelles dimensions en jeu ? », Revue d’économie régionale et urbaine, no 3, p. 483-510.
  • Winter M., 2003. Embeddedness, the new food economy and defensive localism. Journal of Rural Studies, 19, 23-32.

 

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