Appel à communication – Le haut et le bas dans les montagnes en Europe

📆 Date 26 au 28 août 2020
📍Lieu Cracovie (Pologne)
📥 Colloque Geo Cracovie 2020

📆 Date limite de soumission des articles : 24 mars 2020

Appel à communications

Colloque international de géographie

Le haut et le bas dans les montagnes en Europe

 

Organisé par l’UMR Territoires et l’Institut de géographie Université Jagellon

Cracovie (Pologne) – 26 au 28 août 2020

L’Institut de géographie de l’université Jagellon de Cracovie organise, du 26 au 28 août 2020, en collaboration avec l’UMR Territoires (Université Clermont Auvergne), un colloque de géographie ayant pour thématique prioritaire les relations entre les différents étages altitudinaux des montagnes européennes.

Contenu scientifique de la manifestation

Le colloque est centré sur les questions montagnardes avec une approche spécifique sur les relations entre les différents étages altitudinaux, d’où le titre général : Le haut et le bas dans les montagnes européennes.

La montagne apparait comme un espace de référence pour la relation entre le milieu naturel et le facteur humain, selon des dynamiques qui ont été étudiées depuis longtemps par les géographes (Philippe Arbos pour les Alpes, Pierre Deffontaines pour l’Europe centrale, dès le début du xxe siècle…) et constamment renouvelées lors de la période contemporaine (Rieutort, Sacareau…). Le colloque de Cracovie d’août 2020 souhaite s’inscrire dans le prolongement de ces travaux de recherche scientifique en insistant sur les relations entre l’homme et le milieu dans le cas des montagnes européennes.

La problématique principale du colloque part de l’existence d’une organisation traditionnelle des espaces montagnards très structurée, avec des fonds de vallées qui étaient souvent en marge, menacés par les contraintes du milieu naturel (plaines alluviales inondables, risques d’avalanche ou d’éboulements…), des espaces d’altitude valorisés saisonnièrement par des pratiques de transhumance et un étage intermédiaire qui concentrait souvent l’habitat. Cette organisation d’ensemble fondée sur l’étagement et une relation particulière entre le « haut » et le « bas » était particulièrement caractéristique de la montagne alpine, mais se retrouvait également dans les moyennes montagnes, moyennant des adaptations de ce modèle spatial à un contexte spécifique (espaces de transhumance plus éloignés, fonds de vallées moins caractérisés, étagement moins prononcé) et une combinaison de relations à la fois verticales et horizontales.

Cette configuration spatiale héritée du milieu du Moyen-Âge, va connaître à partir de la fin du xixe siècle des mutations de grande envergure qui vont profondément sélectionner les espaces d’altitude, avec des transformations structurelles globales qui ont entièrement réorganisé les relations entre les espaces des fonds de vallée et les espaces plus élevés, le « haut » et le « bas ». Ce mouvement de réorganisation résulte de l’arrivée de nouvelles dynamiques économiques, notamment la modernisation agricole, et de l’invention du tourisme montagnard, sans oublier d’autres facteurs majeurs d’évolution liés à l’accessibilité et aux transports, ainsi qu’à l’exploitation par l’industrie des ressources énergétiques et minières de la montagne.

Le colloque de Cracovie cherchera à analyser les processus à l’œuvre dans ces reconfigurations d’ensemble qui se développent sur le temps long et à des échelles différentes, mêlant des trajectoires à la fois globales et spécifiques à tel ou tel massif. L’intérêt de l’analyse sera de combiner différentes approches, qui vont privilégier la géographie humaine sans oublier la géographie physique (reconfiguration des versants, étagement, impact du changement climatique), ni une ouverture souhaitée vers d’autres disciplines, dont la sociologie et l’anthropologie.

On s’interrogera donc sur les discontinuités qui permettent de distinguer, dans un modèle spatial générique à ces montagnes, un « haut » et un « bas », sur le plan des éléments naturels bien entendu, comme sur celui de l’occupation humaine. Dans le premier cas, on s’intéressera surtout aux processus géomorphologiques en cours et aux caractéristiques climatiques, biogéographiques et pédologiques propres à ces régions et surtout aux relations particulières qui existent entre ces éléments et les différents étages d’altitude : mutation des conditions naturelles associées au changement climatique, risques géomorphologiques du « bas » (inondations, processus d’érosion, éboulements…). Pour la question de la spatialisation de la montagne par les activités humaines, l’objectif du colloque sera d’analyser les mécanismes à l’œuvre modifiant les relations entre le « haut » et le « bas » : nouvelles dynamiques des fonds de vallée liées au développement des villes ou des métropoles (Cracovie, Katowice, Grenoble, Clermont-Ferrand ou Lyon) ou à de grands travaux d’aménagement (Valais suisse, Grésivaudan, barrage de Liptovská-Mara…) ; recomposition territoriale des versants avec passage de la tradition pastorale aux activités touristiques (stations de ski, randonnée). Ces différentes approches doivent tenir compte des trajectoires différenciées de chaque massif qui intègrent les paramètres spécifiques à chaque territoire ou à chaque pays.

Les organisateurs du colloque proposent différents axes d’analyse dans le cadre d’un appel à communication qui sera diffusé en plusieurs langues (français, anglais, polonais).

  • L’agriculture dans la recomposition des relations entre le haut et le bas. Il s’agit ici de s’interroger sur les recompositions de l’utilisation complémentaire des différents étages d’altitude dans le cadre de l’économie agricole. On rejoint alors les dynamiques en cours liées à la valorisation des prairies d’altitude par le pastoralisme et qui font aujourd’hui l’objet d’un réel engouement de la part de la recherche. Les formes de valorisation les plus remarquables renvoient certainement à la production fromagère d’altitude (Pyrénées Atlantiques, Alpes, Carpates), mais d’autres intéressent également l’élevage viande, avec des problèmes spécifiques liés au développement des prédateurs (loup, ours) dans le cas des ovins (les différences majeures entre Alpes et montagnes d’Europe centrale devront être soulignées). On souhaitera insister sur les relations spécifiques qui s’établissent le long des versants dans les Carpates où le « haut » a souvent été figé par la création de Parcs Naturels et où la transhumance s’effectue le plus souvent aux marges de l’étage de l’habitat permanent et non pas au-dessus de l’étage forestier (Slovaquie).
  • Le haut et le bas vu sous le prisme des dynamiques environnementales. Cette analyse vise à privilégier les approches de géographie physique dans un contexte de réchauffement climatique et en lien avec les dynamiques de valorisation de ces espaces d’altitude. On insistera alors sur les processus d’érosion et leur accélération potentielle, l’évolution de l’étagement de la végétation, l’évolution de l’enneigement avec ses incidences classiques en matière de valorisation touristique. Les organisateurs du colloque souhaitent privilégier des approches comparatives entre moyenne et haute montagne et entre Europe occidentale et Europe centrale, ceci afin d’affiner l’approche du modèle entre « haut » et « bas » élaboré à partir du cas des Alpes.
  • La reconfiguration des relations entre le haut et le bas. Cette thématique renvoie aux mutations profondes, structurelles, qu’ont connues les montagnes européennes depuis la guerre avec notamment le développement du tourisme. Au-delà de la mise en tourisme par les sports d’hiver qui a déjà été largement étudiée lors de nombreuses manifestations scientifiques, nous souhaitons privilégier les communications qui s’intéresseront aux autres formes de valorisations (ski de fond, randonnée, structures ludiques estivales…) et donc plutôt aux moyennes montagnes. On souhaite insister également dans ce contexte sur les relations qui s’établissent entre ces nouvelles activités et les formes d’utilisation plus classiques de la montagne, notamment l’agriculture : concurrences et conflits d’usage ? Complémentarités ? Dynamiques de « panier de biens » ? Ces reconfigurations de l’utilisation de la montagne posent également la question du foncier, comme en Europe centrale où celle-ci est loin d’être entièrement réglée. On souhaitera notamment des interventions spécifiques relatives aux évolutions récentes de la propriété collective traditionnelle (biens de section en France, urbariat’ en Slovaquie).
  • Les montagnes et leurs avant-pays. Les liens entre les montagnes et leurs avant-pays s’inscrivent pleinement dans les dynamiques relationnelles qui s’établissent entre le haut et le bas. On se place alors plutôt à échelle moyenne dans le cadre des relations entre un massif et les bas-pays environnants, selon des configurations qui vont mettre en relation Grenoble et les Préalpes, les Carpates et Cracovie ou Katowice, ou encore le Moyen Pays Suisse et les Préalpes. L’objectif du colloque sera alors de considérer les relations entre ces deux types d’espaces, entre complémentarité et concurrence. Selon la première approche, la montagne fera figure d’espace de nature et de détente (à l’image des Parcs Naturels Régionaux en France) au profit ou au service des milieux urbains du bas-pays proche. Dans la seconde approche, la montagne sera le siège d’une pression foncière périurbaine parfois menaçante pour les sociétés locales et/ou l’espace agricole. Les organisateurs souhaitent insister sur quelques situations emblématiques de cette relation entre les espaces d’altitude (le « haut ») et les avant-pays (le « bas ») comme l’Avant-pays savoyard, le versant polonais des Carpates, le Moyen Pays suisse ou encore le contact entre la plaine du Pô et les Alpes italiennes, voire la bordure septentrionale des Carpates ukrainiennes.
  • Les dynamiques démographiques entre le haut et le bas. La géographie du peuplement retranscrit le résultat des processus à l’œuvre dans les territoires, qu’ils concernent l’agriculture, l’industrie, le tourisme ou les commerces et les services. Les dynamiques démographiques traduisent également les phénomènes d’attractivité et d’accessibilité de ces milieux, ainsi que les processus d’innovation et de création de valeur dans ces mêmes territoires. Les organisateurs du colloque souhaitent privilégier ici les approches comparatives et les analyses à une échelle régionale ou nationale (pour les petits pays), ainsi que des comparaisons parmi les processus de différenciation démographique à l’œuvre dans les montagnes européennes (exode rural conduisant à l’abandon comme dans les Alpes du Sud, « montagnes vivantes » à l’image des Alpes du Nord, de l’Orava ou de la partie centrale des Carpates polonaises…).

Manifestation d’intérêt pour le colloque

Merci de transmettre un titre et un résumé d’une dizaine de lignes avant le 24 mars à F. Van Celst (). 

Programme prévisionnel du colloque

  • Jeudi 27 août 2020

9.00.  Cracovie, Université Jagellon, Accueil des participants

10.00 – 11.30 puis 13.00 – 17.00  Communications et discussions.

Les communications orales se feront selon les formats habituels, avec un temps de passage de l’ordre de 15 à 20 minutes.

  • Vendredi 28 août 2020

Sections thématiques

9.30 – 12.30  Communications et discussions

14.00 – 17.00  able ronde avec des acteurs de l’aménagement
montagnard

  • Samedi 29 août 2020

8.30  Excursion scientifique en relation avec la thématique du  colloque dans la haute vallée de la Vistule (Sloczow,Ustron, Wisla, Koniakow) et l’avant-pays de Silésie (Jastrzebie-Zdroj, Pszczyna, Rybnik…)