🔎 Cycle de séminaires interdisciplinaires
📅 18 mars – 29 avril et 20 mai 2026
📍 Paris, Lyon, Clermont-Ferrand ou en visio

Cycle de séminaires interdisciplinaires

Corps, genre et travail agricole

 

organisé par les doctorantes du LER, CRH, LISST, CETOBAC et de l’UMR Territoires.

 


Le corps fait actuellement l’objet d’un intérêt constant dans les travaux scientifiques (nous pensons notamment au séminaire corps et sciences sociales – Crespa CNRS organisé depuis 10 ans) mais reste peu utilisé pour aborder et questionner le travail agricole.

L’entrée par le corps pour aborder sous un angle nouveau les relations entre genre et travail agricole nous parait offrir des perspectives prometteuses pour rendre visible le travail des invisibles et ouvrir notre champ de réflexion à une approche intersectionnelle. Interface entre l’individu et la société dont il fait partie, le corps se situe au confluent des dynamiques sociales et des données naturelles. Les rapports aux corps, y compris dans le domaine professionnel, se construisent par l’incorporation de normes différenciées par les individus (genre, race, âge, norme, classe etc.). Ces postures différentes ont un impact sur le rapport des individus à leur travail, les considérations de ce travail par d’autres, sur leur posture professionnelle et sur les représentations qu’ils en forment.

Corps apte ou inapte, sain ou malade, jeune ou vieux, racisé ou non, corps sous tension, corps visible ou invisible, sont autant de modalités d’expression du rapport entre l’individu et la société qui l’entourent. Variable selon les époques, les régions, les classes sociales et les âges de la vie, la façon qu’ont les individus d’appréhender le monde par leur corporéité est par définition fluctuante et révèle aux chercheurs de nombreuses dynamiques pour interroger le social.

Le corps parait donc être une entrée intéressante pour mieux voir les normes et les rapports de domination à l’œuvre dans le monde du travail agricole, très marqué par des enjeux liés à la capacité physique et qui repose beaucoup sur l’aptitude des corps et leur performance. Les discours construits par les acteurs autour de la force physique, nécessairement masculine et dans sa forme la plus hégémonique, comme condition de possibilité de leur travail nous paraissent être particulièrement révélatrices de ces dynamiques.

Le corps est un objet qui émerge avec l’épistémologie féministe dans les années 1980 et sa mobilisation est variable selon les disciplines des sciences sociales. Alors qu’il est un sujet émergent effervescent en géographie et en histoire, il est un prisme de lecture fondamental en anthropologie et en sociologie. Ce séminaire propose ainsi de croiser les approches disciplinaires pour cerner différents aspects du rapport au corps tel qu’il s’exprime dans le travail et sur les façons de rendre visible ce qui souvent, est perçu comme une évidence par les acteur.rice.s. Les aspects méthodologiques sur la prise en compte par la recherche des données corporelles ont donc une place centrale dans la réflexion. Des moments aussi cruciaux pour la construction des corps au travail que la formation professionnelle seront étudiés, et il s’agira de se pencher plus particulièrement sur les moments qui rendent visibles au chercheur le rapport au corps des individus. La santé et le handicap ; la jeunesse, le vieillissement ou encore la grossesse en tant qu’âges de la vie qui recomposent le rapport au travail ; les luttes sociales comme mise en visibilité du corps militant ; la visibilité des corps queers dans les espaces agricoles et militants ; sont autant d’enjeux qui permettent d’appréhender le lien entre corps, genre et travail agricole.


 

Programme 

📆 Séance 1 – 18 mars – Paris – en présentiel à Paris ou en visio : « Enquêter sur les corps du travail agricole : enjeux méthodologiques »

Séance de réflexion collective sur la manière dont la recherche saisit les données corporelles autour du travail dans les mondes agricoles. À partir d’enquêtes qualitatives en cours en sociologie et en géographie, nous partagerons d’abord plusieurs façons d’objectiver les corps (genrés) des enquêté·es :  vêtements de travail, postures, musculature, pilosité, ou autres attributs perçus comme ‘féminins’ ou ‘masculins’, etc.

Cependant, une question demeure en creux : comment saisir les corps lorsque ceux-ci sont absents ? L’occasion de croiser un regard historique sur la question de ce processus fortement soumis aux normes de genre, de surcroît en contexte agricole.

Interventions, à partir de leurs thèses, de :

  • Théo Boulakia (ENS-Centre Maurice Halbwachs) sur « Soin des bêtes et souci de soi. Carrières de deux générations d’éleveurs (1970-2024) »
  • Manon Caudron-Fournier (Territoires-VetAgro Sup) sur « Du Tracteur au robot ? Dynamiques de genre et évolution dans l’apprentissage des techniques agricoles ».
  • Marie Tellier (LER) sur « Co-construction des dynamiques de genre et du système agri-alimentaire fromager à l’échelle de la ferme familiale ».
  • Eve Recotillet-Valenti (CRH) sur le corps dans et autour des archives dans le cadre d’une histoire du genre de l’agriculture.

Table ronde co-organisée par Manon Caudron-Fournier et Eve Recotillet-Valenti.

 

➡️ Inscriptions

 

 

📆 Séance 2 – 29 avril – au LER Lyon ou en  visio : « Faire corps avec le terrain :  des enquêtrices et leur méthodologie »

Intervenantes : Claire Delfosse, Julie Jacquet, Chloé Le Brun. Horaire à venir.

Réflexion collective autour du corps des chercheur·euses et des conditions concrètes de production des savoirs sur ces terrains spécifiques que sont les mondes agricoles.  Qu’est-ce que nos objets et nos terrains de recherche font à nos corps de chercheur·euses ? A l’inverse, que produisons-nous, corporellement et socialement, sur ces terrains ? Nous souhaitons lors de ces échanges, rendre compte du corps comme un outil de mesure (Hancock, 2025 ).

Table ronde co-organisée par Emma Frison, Caroline Albinet, Marie Tellier.

 

📆 Séance 3 – 20 mai – à la MSH à Clermont-Ferrand ou en visio : « Travail, corps et masculinité dans les mondes ruraux »

Intervenante.s : Fanny Hugues, Gilles Laferté, Vic Sessego.

Corps normés et masculinités : Nous conduirons cette séance en ouvrant le capot des masculinités à partir des travaux croisés Entretenir sa voiture, entretenir sa masculinité de Charline Brandy, Fanny Hugues, et Vic Sessengo. Nous changerons de rapport, en se déplaçant dans les mondes agricoles, avec Gilles Laferté pour des pistes de réflexion autour des masculinités des agriculteurs embourgeoisés.

Table ronde co-organisée par Manon Caudron-Fournier et Caroline Bouchier.