🔎 Soutenance de thèse de Margot Moniot
đź“… 23 avril 2026 Ă  14h
📍 Montpellier
📥 Soutenance Margot MONIOT

 

Margot Moniot 

 

soutiendra ses travaux de thèse intitulée

 

 La révolution numérique » dans les élevages pastoraux et agropastoraux sahéliens. Mythe ou réalité pour la gestion des troupeaux et l’accès aux marchés formels ?

 

le 23 avril 2026 Ă  14h, en prĂ©sentiel Ă  Montpellier (salle 128 Bâtiment 4 – CIRAD Lavalette), et en visio (numĂ©ro de rĂ©union : 325 081 909 283 18 – Code secret : TB96AU3F)

 

Travaux dirigés par Nathalie Hostiou et co-encadrés par Serena Ferrari et Jean-Daniel Cesaro

 

Résumé :
Les outils numériques sont fréquemment présentés comme des leviers de rationalisation des pratiques agricoles. Dans les contextes sahéliens, ils sont supposés permettre d’anticiper les crises, d’optimiser l’accès aux ressources et de faciliter l’intégration aux marchés de valorisation des produits d’élevage. Cette thèse interroge dans quelle mesure ces outils constituent effectivement des ressources utiles pour la gestion des troupeaux et l’accès aux marchés formels dans les systèmes pastoraux et agropastoraux sahéliens. L’objectif est d’analyser le rôle du téléphone portable et des services d’information dans les réponses des éleveurs face aux crises. Il s’agit également d’examiner celui d’outils numériques déployés par une laiterie pour organiser la filière. L’enquête repose sur des entretiens menés avec différents membres impliqués dans la gestion familiale du troupeau, des acteurs d’une laiterie ainsi que des fournisseurs de services d’information numériques, dans le cadre d’immersions au sein de familles d’éleveurs du nord du Sénégal. Les résultats montrent que les usages du numérique s’inscrivent largement dans la continuité des pratiques existantes
de gestion du troupeau et d’accès aux marchés. Les informations transmises constituent des ressources permettant de réduire l’incertitude, sans pour autant transformer en profondeur les pratiques. Celles-ci demeurent structurées par les savoirs locaux, les contraintes économiques et les relations sociales directes des éleveurs. Par ailleurs, certains outils numériques contribuent à l’organisation de la filière laitière en facilitant la coordination avec les éleveurs, mais tendent simultanément à renforcer le pouvoir de la laiterie qui en maîtrise la conception et les modalités d’usage. Dans ce contexte, le numérique s’inscrit dans les rapports de pouvoir existants, voire contribue à les accentuer, tant au sein des familles que dans les filières. Enfin, les services d’information pourraient être envisagés comme des biens communs accessibles à tous. Cela supposerait toutefois qu’ils soient mieux adaptés aux besoins des éleveurs et aux réalités sociotechniques qui conditionnent leurs usages et la
confiance accordée à l’information. Cette thèse souligne ainsi que le numérique, loin de constituer un levier de transformation en soi, doit être intégré dans une stratégie plus globale de protection et de valorisation des systèmes pastoraux et agropastoraux sahéliens.

 


 

The “Digital Revolution” in Sahelian Pastoral and Agropastoral Livestock Systems : Myth or Reality for Herd Management and Access to Formal Markets ?

 

Abstract :

Digital tools are often presented as ways to improve and make agricultural practices more efficient. In Sahelian contexts, they are expected to help anticipate crises, improve access to resources, and support integration into livestock markets. This thesis examines whether these tools actually provide useful support for herd management and access to formal markets in pastoral and agropastoral systems in the Sahel. The aim is to analyze the role of mobile phones and information services in how herders deal with crises. It also looks at digital tools introduced by a dairy company to organize the value chain. The study is based on interviews with people involved in family herd management, members of a dairy company, and providers of digital information services. These interviews were conducted
during fieldwork with herding families in northern Senegal. The results show that digital tools are mainly used in ways that continue existing herd management and market practices. The information they provide helps reduce uncertainty, but does not deeply change how herders work. Practices remain shaped by local knowledge, economic constraints, and direct social relationships. At the same time, some digital tools help organize the dairy value chain by improving coordination with herders. However, they also tend to strengthen the power of the dairy company, which controls how these tools are designed and used. In this context, digital tools fit into existing power relations and can even reinforce them, both within families and along the value chain. Finally, information services could be seen as shared resources that are accessible to all. However, this would require better adaptation to herders’ needs and to the social and technical conditions that influence how these tools are used and trusted. This thesis shows that digital tools are not transformative on their own. They need to be part of a broader strategy to support and strengthen pastoral and agropastoral systems in the Sahel.