Dispositif de financement Région AURA
Dates de début et de fin 2019-2022
Porteur du projet Hélène Rapey
Référent scientifique UMR Territoires Hélène Rapey
Membres de l'unité impliqués dans le projet Marie Houdart
Nathalie Hostiou
Partenaires IRSTEA
INRA
Aires géographiques
  • France

ELICAURA

ELevage « Interstitiel » en zone de grandes Cultures en AUvergne-Rhône-Alpes : enjeux, perspectives et valorisations régionales

Parmi les grandes régions d’élevage, la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA) présente toutefois une part significative d’exploitations en grandes cultures. Ces exploitations se trouvent dans des plaines céréalières d’étendue modérée (Limagnes du Puy-de-Dôme et de l’Allier, Coteaux de la Dombes dans l’Ain, Bas Dauphiné en Isère, Plaines rhodaniennes de la Drôme). La structuration foncière des exploitations et les paysages qui en résultent sont souvent moins simples que dans les grandes régions céréalières françaises. Malgré cela, la région AuRA est la troisième productrice de maïs en France, comporte trois départements parmi les premiers producteurs de semences végétales, et compte 72 coopératives négociants des céréales. Elle comprend aussi un Pôle de compétitivité dans le domaine céréalier et une forte densité d’entreprises de taille moyenne transformant les productions végétales.

A la différence de nombreuses autres zones céréalières, il subsiste dans les plaines d’AuRA de l’élevage herbager ou non. Mais les éleveurs sont de moins en moins nombreux et leur renouvellement est plus qu’incertain, avec un risque de fragilisation ou de disparition de cet élevage « interstitiel » qui présente pourtant des fonctions sociales et environnementales importantes pour ces territoires agricoles fréquentés par les populations urbaines. Ce voisinage entre grandes cultures et élevage est insuffisamment valorisé sur le plan technique et économique par les agriculteurs et leurs filières.

L’objectif du projet de recherche ELICAURA est de dégager de nouvelles pistes techniques, économiques, organisationnelles pour maintenir cet élevage « interstitiel » des plaines céréalières d’AuRA et valoriser pleinement l’intégration culture – élevage, en visant notamment plus d’économies d’intrants et de productions différentiées créatrices de valeur ajoutée dans les exploitations de ces zones agricoles.

Les travaux seront conduits par des chercheurs zootechniciens, agronomes et géographes de l’Unité Mixte de Recherche Territoires de Clermont-Ferrand qui étudient les relations élevage-territoire et leurs transformations en s’appuyant sur des cas de terrain, avec des approches le plus souvent qualitatives et compréhensives. Ils mobiliseront des experts scientifiques et techniques en statistiques et économie agricoles, en agronomie territoriale et sur les filières d’élevage et de grandes cultures.

Quatre principaux chantiers de recherche sont prévus et s’articulent dans le projet.

  • Le premier établira un état des lieux de cet élevage « interstitiel » et de sa diversité dans les zones céréalières de la région. Il s’appuiera sur les statistiques agricoles disponibles et un partenariat technique avec la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt, et le Service Etudes et Prospectives de la Chambre Régionale d’Agriculture.
  • Le deuxième constituera un inventaire et une caractérisation exploratoire de ces élevages et de leurs relations avec les grandes cultures, à partir des points de vue d’experts locaux dans trois zones contrastées de grandes cultures de la région (Limagnes, Coteaux de Dombes, Plaines rhodaniennes). Il s’appuiera sur des partenariats techniques avec les collectivités territoriales, les organisations professionnelles agricoles et des entreprises d’aval.
  • Le troisième développera une analyse de cas concrets d’interactions existantes ou émergentes entre exploitations de grandes cultures et d’élevage, notamment du point de vue des économies d’intrants et de la création de valeur ajoutée. Il impliquera lui aussi une collaboration avec les organisations professionnelles et les instituts techniques de filières.
  • Le dernier chantier construira  un diagnostic multi-échelle de la faisabilité et de l’acceptabilité d’un développement des interactions entre exploitations de grandes cultures et d’élevage dans les zones ciblées, s’appuyant sur des ateliers participatifs qui rassembleront exploitants et acteurs des collectivités territoriales et des filières.

Au final, les partenariats et les connaissances issues du projet de recherche ELICAURA devraient avoir des retombées sur près d’un sixième du territoire d’AuRA, notamment sur les dynamiques et emplois agricoles des plaines céréalières. Sur le plan scientifique, le projet contribuera à l’étude des dynamiques de ces zones céréalières de dimension modérée, et à la mise en évidence du rôle de l’élevage dans les territoires où il est en recul. Une autre originalité des connaissances apportées par le projet sera leur caractère multi-acteurs par l’articulation des points de vue d’agriculteurs, d’élus locaux et d’industriels dans la plupart des chantiers de recherche du projet.